• Comment est née l’idée de ce livre? Quel était votre objectif initial quand vous avez pensé à écrire ce livre pour la première fois

Lors de mes activités en tant que formateur ou enseignant, j’utilise depuis longtemps le jeu comme outil d’apprentissage. Cependant, n’étant pas un grand joueur,  mon expérience ludique était assez réduite. J’avais le sentiment que cela me privait d’une grande partie des possibilités avec la ludopédagogie. J’ai donc décidé de m’y attaquer, en réalisant l’année de spécialisation en sciences et techniques du jeu à la HE2B. Cette formation a répondu a mes objectifs, j’ai découvert de nouveaux jeux, j’ai appris à poser un regard neuf sur le jeu de société et j’ai appris à jouer. Tout au long de l’année, j’ai chaque fois réalisé le travail d’utiliser la grille des intelligences multiples d’Howard Gardner pour comprendre le monde du jeu et identifier les jeux qui pouvaient être ou non pertinents pour l’apprentissage (lors de mes cours ou de mes formations). Ma culture ludique s’est étoffée, ma formation s’est terminée et j’ai été engagé comme maître-assistant dans l’année de formation que je venais de suivre. L’année de spécialisation regroupant dans son corps professoral tous les experts du jeu, l’idée de rédiger un ouvrage coopératif permettant aux parents et aux enseignants de choisir le bon jeu et d’apprendre à animer est vite arrivée.

  • Pourquoi être plusieurs auteurs en pilote du livre, et comment et pourquoi avez-vous choisi les différents intervenants?

Le principe de base est simple : personne ne dispose de toutes les compétences. En tant qu’expert en intelligences multiples, enseignant et ludopédagogue, je tenais à participer  à ce projet mais pas seul. C’est tout naturellement que j’ai demandé de l’aide au coordinateur (Michel Van Langendonckt) de l’année de spécialisation de participer à ce challenge afin d’avoir sa caution scientifique ludique et à Coralie Massin, experte au niveau de l’apprentissage du français et spécialiste de l’édition de rendre cohérent un écrit aux multiples mains.

À côté de cela, nous avons intégré plusieurs collègues de la haute-école qui avaient une compétence particulière, comme Joêlle Lamon et les mathématiques et des professeurs de l’enseignement primaire ou secondaire qui pouvaient présenter comment et pourquoi ils utilisaient le jeu.

  • Quel est le public visé par ce livre ? Est-il adapté à un usage à la maison? Qu’est-il prévu dans le futur pour les parents? 

S’il y a certains chapitres qui s’adressent spécifiquement aux enseignants du primaire ou du secondaire, ils sont minoritaires et non dépourvus d’intérêt pour le parent qui souhaite apprendre à animer un jeu avec sa propre famille. Le style se veut accessible afin de toucher le public le plus large possible. Je pense que le jeu a toute sa place au sein de nos classes mais qu’il doit également faire partie des activités familiales régulières.  Le logopède ou encore le coach scolaire trouvera également de nombreuses idées de jeux pour sa pratique professionnelle quotidienne.

  • Comment utiliser ce livre? Faut-il le lire de bout en bout ? Les chapitres sont-ils interdépendants ?

Il est évident que le livre peut se lire de la première à la dernière page, nous avons veillé à la cohérence et à la structure de l’ouvrage. Pour les professionnels de l’apprentissage, une lecture complète sera plus pertinente afin de pouvoir développer une réelle expertise et répondre aux problématiques qu’ils rencontrent. Cependant, l’utilisation la plus efficace serait à mes yeux de piocher dedans en fonction du profil des joueurs, des besoins, des envies et donc de plutôt choisir un chapitre qui présente une intelligence et y choisir des jeux. Par la suite, cela donnera sans doute envie d’aller zieuter les autres intelligences !

  • Quel est l’intérêt d’intégrer la dimension ludique dans l’enseignement d’aujourd’hui? 

Tous les parents le savent, un bébé apprend en jouant. C’est pourquoi nous sélectionnons le jouet ou le jeu qui nous semble le plus pertinent pour développer telle ou telle partie de sa motricité, de sa vivacité et de sa curiosité. Par la suite, la plupart des gens pensent que le jeu représente uniquement une source d’amusement et non d’apprentissage. Il s’agit d’une pensée regrettable car les jeux sont certes source de plaisir, mais aussi de développement de nombreuses compétences disciplinaires ou transversales (langage, la logique, la coopération, etc.)

L’école a besoin de changer la perception que les enfants ont de l’école. Le jeu est particulièrement pertinent car ils confrontent les joueurs à des situations complexes qui nécessitent la mobilisation de nombreuses ressources et apportent du plaisir en les plongeant dans un autre contexte spatio-temporel. C’est essentiel.

  • Pour les néophytes, pouvez-vous expliquer en quelques mots le lien qu’il est possible de tisser entre la ludopédagie et les intelligences multiples ? 

La théorie des intelligences multiples d’Howard Gardner est une grille de lecture particulière pour catégoriser et différencier des jeux, des modes de fonctionnement, des manières de traiter les informations. Pouvoir poser un regard « intelligences multiples » sur un jeu, c’est choisir le jeu qui apportera encore plus de plaisir en mobilisant une intelligence, une capacité plus forte. À côté de cela, le jeu peut également permettre le développement ou le renforcement d’une compétence plus faible, sans que cela soit perçu comme une corvée.

  • Quels sont les prochains projets éditoriaux? À la rencontre de quels besoins iront-ils? 

Pour le moment, je termine tout doucement un ouvrage destiné aux professeurs de l’enseignement secondaire qui les aidera à enseigner avec les intelligences multiples. Un ouvrage concret et illustré qui devrait sortir en juin 2019.  Il y a aussi un autre projet qui me tient particulièrement à cœur parce qu’il ne concerne pas les enseignants, mais les parents. Il s’agirait d’un ouvrage pour intégrer les intelligences multiples dans l’éducation de leurs enfants, de poser un regard neuf sur les activités familiales et trouver des outils pour aider leurs enfants à l’école.

Il y a encore des tas de projets à initier, mais ils sont encore en train de mûrir dans mon esprit !